Michel Bafiba aux ambassadeurs 2250 : « La formation doit devenir compétence, la compétence doit devenir action »

A l’issue de trois jours de formation consacrés à la jeunesse, à la paix, à la gouvernance, au plaidoyer et à la mobilisation des ressources, Michel BAFIBA, Coordonnateur Exécutif de l’Institut DeAngelo & Camille, a livré un discours à forte portée institutionnelle lors de la cérémonie solennelle de prestation de serment de la première cohorte des Ambassadeurs 2250.

IDCIDC
15 sept. 2026 - 15:03
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Michel Bafiba aux ambassadeurs 2250 :  « La formation doit devenir compétence, la compétence doit devenir action »
Michel Bafiba aux ambassadeurs 2250 :  « La formation doit devenir compétence, la compétence doit devenir action »
Michel Bafiba aux ambassadeurs 2250 :  « La formation doit devenir compétence, la compétence doit devenir action »
Michel Bafiba aux ambassadeurs 2250 :  « La formation doit devenir compétence, la compétence doit devenir action »

Plus qu’une adresse protocolaire, son intervention a dessiné une certaine vision du leadership des jeunes en République démocratique du Congo : un leadership fondé sur la compétence, la responsabilité et la capacité à produire des résultats.

Le 2 septembre 2026, au Mémorial du Génocost, s’est tenue la cérémonie solennelle de certification et de prestation de serment de la première cohorte des Ambassadeurs 2250, un programme initié et piloté par l’ASBL Dynamique Jeunesse Responsable (DYJERES). Après trois jours de formation intensive consacrés à l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, au plaidoyer et à la formulation de politiques publiques, les 50 jeunes de la cohorte ont officiellement franchi une nouvelle étape dans leur parcours d’engagement.

C’est devant un parterre de partenaires institutionnels de premier plan que Michel BAFIBA, Coordonnateur Exécutif de l’Institut DeAngelo & Camille, a pris la parole. La présence à cette cérémonie du Ministère de la Jeunesse et de l'Éveil patriotique, ainsi que de la CIA-VAR, dépassait le simple cadre protocolaire. En tant que partenaires clés du programme, le Ministère garantit l'alignement de cette initiative avec les politiques nationales de participation citoyenne de la jeunesse, tandis que la CIA-VAR apporte un ancrage stratégique indispensable sur les questions de prévention et de cohésion sociale.

Son discours n’a pas cherché à reproduire le contenu des trois journées de formation. Il en a plutôt tiré la philosophie générale : une formation n’a de valeur que lorsqu’elle produit une compétence, et une compétence n’a de portée que lorsqu’elle devient capacitée d’action.

Trois jours pour passer de l’engagement à la maîtrise des outils

Avant la cérémonie, les Ambassadeurs 2250 avaient suivi trois jours de formation intensive à Kinshasa, du 26 au 28 août 2026.

Le premier jour avait permis de poser le cadre de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, avec notamment la Résolution 2250, la participation des jeunes aux processus de paix, les enjeux sécuritaires de la RDC, mais aussi les bases du plaidoyer communautaire et de la mobilisation citoyenne. Les participants ont travaillé sur l’identification des problèmes locaux, la cartographie des acteurs et la construction de stratégies de plaidoyer adaptées au contexte congolais.

La deuxième journée a davantage placé les jeunes dans une logique de structuration et d’action. Elle a abordé les mécanismes de financement internationaux, la mobilisation des ressources, les partenariats stratégiques, mais également les enjeux de l’Accord de Washington et les techniques de plaidoyer institutionnel.

C’est notamment à cette étape que l’Institut DeAngelo & Camille est intervenu dans le processus pédagogique.

 

La formation consacrée à la mobilisation des ressources et aux partenariats stratégiques devait amener les participants à comprendre comment élaborer une stratégie de financement, identifier et qualifier des partenaires, construire une proposition de partenariat et intégrer les techniques de négociation.

Un second axe, consacré aux techniques de plaidoyer et à la rédaction de notes de politique publique, a placé les participants dans une démarche encore plus opérationnelle : analyse des parties prenantes, construction d’un argumentaire fondé sur les faits, formulation de recommandations, préparation d’un Policy Brief et présentation devant des décideurs.

La troisième journée a, quant à elle, rapproché la formation de certains des enjeux les plus sensibles de la société congolaise : la mémoire, la justice transitionnelle, le Génocost, la réparation des victimes, la paix durable et le rôle que peut jouer la jeunesse dans ces processus.

Le programme ne voulait donc pas uniquement former des jeunes capables de comprendre un problème. Il cherchait à former des jeunes capables d’analyser, de structurer, de proposer et de défendre une solution.

Michel BAFIBA : une parole centrée sur la responsabilité

C’est cette exigence que Michel BAFIBA a choisie de replacer au centre de son discours de clôture.

Dès les premières minutes de son intervention, sa posture a été celle d’un responsable institutionnel davantage préoccupé par ce qui devait commencer après la cérémonie que par ce qui venait de s’achever.

« Aujourd’hui, vous recevez un certificat, mais vous recevez surtout une responsabilité », a-t-il rappelé aux jeunes.

Puis cette idée forte :

« La formation que vous venez de suivre n’est pas une fin. Elle est un commencement. »

Dans un environnement où les cérémonies de remise de certificats peuvent parfois apparaître comme l’aboutissement d’un parcours, Michel BAFIBA a voulu inverser la perspective.

Pour lui, le certificat ne constitue pas l’aboutissement du programme. Il en constitue presque le point de départ.

Cette posture correspond d’ailleurs à l’architecture même du Programme Ambassadeur 2250, conçu autour de quatre étapes : former, accompagner, produire et influencer.

« Apprendre à penser, à proposer et à agir »

Le passage le plus révélateur de son intervention concerne sans doute sa conception du leadership.

Au nom de l’Institut DeAngelo & Camille, Michel BAFIBA a expliqué que l’objectif de son institution n’était pas simplement de transmettre des connaissances aux jeunes participants.

Il s’agissait de leur donner des instruments leur permettant de comprendre leur environnement, de structurer une réflexion, de construire un argumentaire et de formuler des propositions.

 

 

Il résumera cette approche par une formule :

« Former un leader, ce n’est pas seulement lui apprendre à parler ; c’est lui apprendre à penser, à proposer et à agir avec responsabilité. »

Ce passage donne une tonalité particulière à l’intervention du Coordonnateur Exécutif.

Il déplace la question du leadership de la visibilité vers la compétence.

Dans cette vision, le leader n’est pas uniquement celui qui sait mobiliser ou prendre la parole. Il est aussi celui qui sait analyser une situation, comprendre les contraintes institutionnelles, proposer une solution réaliste, identifier les ressources nécessaires et convaincre les acteurs capables de la mettre en œuvre.

Autrement dit, le leadership doit progressivement devenir une capacité de transformation.

Une posture entre mémoire, résilience et responsabilité publique

Le choix du Mémorial du Génocost a également donné au discours une profondeur particulière.

Michel BAFIBA a rappelé que le lieu était à la fois un espace de mémoire et un espace de responsabilité.

« La mémoire ne doit pas seulement nous rappeler le passé. Elle doit nous aider à construire l’avenir », a-t-il déclaré.

Cette cérémonie a revêtu une portée particulière grâce à la participation de huit survivants ayant directement vécu les conséquences des conflits armés, intégrés au programme avec l’appui du FONAREV. Leur présence n’a pas été limitée au partage de leur expérience : ils ont participé pleinement au parcours de formation et aux travaux de groupes, notamment autour de la protection, de la justice transitionnelle, de la mémoire, du partenariat, du désengagement et de la réintégration. Le choix du Mémorial du Génocost a ainsi permis de relier l’engagement de cette nouvelle génération à la mémoire des victimes, au devoir de transmission et à la prévention de la répétition des violences.

S’adressant directement à eux, il a souligné combien leur parcours forçait le respect : « Vous avez connu l’épreuve. Vous portez une histoire et, parfois, des blessures profondes. Mais aujourd’hui, vous êtes également debout, engagés et déterminés... Votre histoire compte. Votre voix compte. Votre engagement compte », a-t-il affirmé avec émotion.

Pour Michel BAFIBA, la résilience ne signifie donc pas l’effacement de l’expérience vécue.

Elle consiste plutôt à la transformer en force, en engagement et en contribution à la société.

Dans son discours, cette articulation entre mémoire et action n’est pas accessoire. Elle traduit une conviction : les jeunes ayant connu les crises de la RDC peuvent également devenir des acteurs de la reconstruction et de la prévention.

« Soyez des ambassadeurs par vos actes »

À mesure que son discours avançait, Michel BAFIBA a progressivement déplacé son propos vers la notion d’exemplarité.

Il a rappelé aux cinquante membres de la première cohorte qu’ils ne seraient pas seulement évalués sur la qualité de la formation reçue, mais surtout sur leur comportement futur.

 

Il leur a demandé d’être des ambassadeurs de la paix, de la mémoire et de la cohésion sociale, mais avec une précision essentielle :

« Mais surtout, soyez des ambassadeurs par vos actes. »

Il a ensuite insisté sur quatre éléments : le comportement, l’intégrité, le travail et la capacité à produire des résultats.

Cette référence aux résultats est probablement l’un des marqueurs les plus importants de sa posture.

Car derrière le discours adressé aux jeunes se dessine une conception plus large de l’engagement public : la bonne volonté est nécessaire, mais elle ne peut suffire.

La crédibilité se construit par l’action.

« Vous êtes les premiers »

Michel BAFIBA a également voulu faire mesurer à la cohorte 2026 son statut particulier.

Elle est la première.

Elle ne peut donc pas seulement hériter d’un modèle ; elle contribue à le créer.

« N’oubliez jamais que vous êtes les premiers. Ceux qui viendront après vous vous regarderont », a-t-il lancé aux Ambassadeurs.

Derrière cette phrase se trouve un enjeu de responsabilité institutionnelle.

Le succès du programme dépendra en partie de ce que cette première cohorte deviendra : les initiatives qu’elle lancera, les causes qu’elle défendra, les notes qu’elle produira, les communautés qu’elle accompagnera et la crédibilité qu’elle donnera au titre d’Ambassadeur 2250.

 

L’Institut DeAngelo & Camille, au-delà des trois jours

Le discours a également permis à Michel BAFIBA de préciser la vision de l’Institut quant à la suite du partenariat avec DYJERES.

L’Institut ne souhaite pas limiter sa contribution à quelques heures de formation.

Le Programme Ambassadeur 2250 envisage d’ailleurs l’ID&C dans une perspective beaucoup plus structurée, comme un potentiel bras académique chargé d’accompagner le perfectionnement des Ambassadeurs dans des matières telles que les politiques publiques, la gouvernance, la diplomatie, les relations internationales, le leadership, la communication ou la gestion des projets.

Dans son allocution, Michel BAFIBA a ainsi confirmé la disponibilité de l’Institut à contribuer à la formation continue, au mentorat, au perfectionnement et au renforcement des compétences des jeunes Ambassadeurs.

Cette orientation correspond à une ambition plus large du programme : bâtir, à terme, une véritable communauté d’expertise jeunesse capable de produire des analyses, des notes de politique publique et des solutions utiles à la décision publique.

Un message qui dépasse la cérémonie

Le discours de Michel BAFIBA peut finalement se lire comme une adresse à la jeunesse, mais aussi comme une réflexion sur ce que devrait être la formation du leadership en RDC.

L’engagement ne doit pas être dissocié de la connaissance.

La connaissance ne doit pas être dissociée de la compétence.

Et la compétence doit elle-même conduire à l’action.

 

Au-delà de la remise des brevets et de la prestation de serment, cette journée a marqué le passage de la formation à l’engagement. Portée par DYJERES avec l’accompagnement de ses partenaires institutionnels et techniques, cette première cohorte constitue le point de départ d’une dynamique appelée à se poursuivre à travers la consolidation des groupes thématiques, l’accompagnement de leurs initiatives et le développement progressif du Réseau national des Ambassadeurs 2250, au service de la paix, de la cohésion sociale et de la participation des jeunes en République démocratique du Congo.

C’est dans cet enchaînement qu’il a choisi de conclure son message aux Ambassadeurs 2250 :

« Votre formation doit devenir compétence.

Votre compétence doit devenir engagement.

Votre engagement doit devenir action.

Et votre action doit produire des résultats pour vos communautés et pour la République. »

Au-delà de la formule, ces mots résument probablement la posture que Michel BAFIBA aura voulu incarner durant cette séquence : celle d’un responsable qui ne considère pas la formation comme une fin en soi, mais comme un instrument de préparation à la responsabilité.

Trois jours avaient permis aux jeunes d’acquérir des outils.

Le 2 septembre, au Mémorial du Génocost, le message qui leur a été adressé était différent.

Il ne s’agissait plus seulement de savoir ce qu’ils avaient appris.

Il s’agissait désormais de savoir ce qu’ils allaient en faire.

 

IDC L’Institut DeAngelo & Camille s’engage à renforcer le leadership, encourager l’innovation et améliorer la gouvernance pour soutenir l’émergence durable des nations africaines.